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Aveugle au monde
Soudain l'érable s'habille
D'un oiseau gai comme un pinson
Vibrant au vent
Comment savoir son nom
Comment savoir
S'il s'agit de joie
De détresse
D'amour de faim d'effronterie
Et qui s'éveille
L'oiseau où l'arbre
Je passe tête basse
Parce que je n'en sais rien
Parce qu'il est trop tôt
Pour que je sache encore
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Soudain très attentif
Dans l'ennui d'un jeudi de novembre, je me vois enfant feuilletant sans plaisir une revue de luxe que recevait chaque mois mon père. Cette fois entre les pages glacées, sautaient aux yeux deux feuilles à gros grains gris, portant des dessins que j'ai oubliés et des mots en beaux caractères. C'était un certain Ponge : " Tout l'automne à la fin n'était plus qu'une tisane froise." Je suis sûr de ces derniers mots. Je revois le papier, le gris, les belles lettres, l'enfant qui regardait. sans doute émerveillé pour qu'il en reste cette image. Non pas émerveillé, mais soudain attentif.
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