Collection " Poésie du Maghreb"
 

Petit Musée portatif,
Texte de A. Laâbi, Illustration Abdallah Sadouk

18 exemplaires de tête, typographiés sur Vélin d'Arches, rehaussés de l'une des 18 aquarelles originales de
Abdallah Sadouk.

prix : 230 € commander

1000 exemplaires typographiés sur Centaure ivoire.

prix : 21,50€ commander

   

Critique :

.../...

Musée ! Cela sonne avec quelque solennité ! Il en faut pour dire la profondeur humaine tissée, cachée, magiquement retenue dans la matière...

Mais déjà la joyeuse capacité d'humour de Laâbi ramène les choses à leur juste dimension : Portatif ! Autant dire à usage exclusivement personnel. Portatif et réduit comme la maison errante - théière, coffre, tapis déroulé chaque soir sous la tente - du bédouin du désert d'autrefois, nomadisant à travers sables.

Françoise Ascal

Note de l'éditeur :

Recueil des poèmes consacrés par A. Laâbi à la célébration des oeuvres d'art et des objets qui l'accompagnent chaque jour et auxquels va sa tendresse. Chaque poème est accompagné de la reproduction (NB ou quadri) de l'oeuvre ou de l'objet qui l'a inspiré. Les objets ont été dessinés par le peintre marocain A. Sadouk ; les oeuvres, photographiées.

Chaque double page contient donc un texte, et une illustration.

 

L'Hôte généreux


PETIT MUSÉE PORTATIF ABDELLATIF LAÂBI Al Manar 67 pages, 21,50 e

À " celui qui décidément ne prend pas racine ", au poète en exil permanent qu'est Abdellatif Laâbi, Françoise Ascal a demandé de livrer les objets qui composent son espace intérieur. La demande est belle, émouvante ; elle répond au don permanent qu'est l'œuvre du Marocain. Elle donnera naissance, surtout, à un livre magnifique rehaussé des dessins d'Abdallah Sadouk. Laâbi y a répondu en choisissant des objets souvent modestes, détenteurs d'une mémoire familiale, d'une douleur parfois, d'une humilité toujours. Le choix fait, Abdallah Sadouk est venu chez le poète dessiner entre autres, une chaise de circoncis "Acquise/ plutôt cédée à dix dirhams/ avant l'arrivée/ du marché de l'art", une table syrienne, un encrier, une table carrée aux tiroirs secrets : " Dans les années noires/ elle a celé/ des documents compromettants " mais aujourd'hui elle ne sert qu'à ranger les objets usuels et " Elle doit vivre cela/ comme une déchéance ". Les dessins donnent une épaisseur floue aux objets, comme s'ils venaient apparaître à peine à la surface de la mémoire. Abdellatif Laâbi a proposé également des peintures et des œuvres d'amis artistes, reproduits ici par le biais des photos de Laydi Maroufi. Ce que l'on voit alors est invisible : il s'agit d'histoires d'amitié, de respect qui viennent tisser souvent l'Histoire douloureuse du siècle. Deux photos bouleversent particulièrement : celle de la mère d'abord, au regard retenu de colère, celle du père, ensuite, concentré sur sa dignité. Elles bouleversent d'autant plus que chaque objet, chaque tableau et chaque photo sont commentés, en vers, par le poète. Et ce qu'il dit de la mère, associé à son regard perdu, fait lever, bien plus qu'une histoire personnelle, l'histoire de tout un peuple. Sans quitter pour autant l'intimité de la confidence.

Par son humour, posé délicatement sur des blessures ou de la colère, Laâbi a l'extrême élégance de ne pas faire de nous des voyeurs. Il s'agit ici de partage et le livre, d'une qualité rare, dit bien à quelle hauteur de sentiment se fait celui-ci. L'Autre fait notre richesse.

T . G.
Le Matricule des anges n° 389, mars/avril 2002

du même artiste