A

Abraham Jean-Pierre
Ancet Jacques
Ascal Françoise
Auster   Paul 
   
B 
Beausoleil  Claude 
Bekri Tahar
Bénézet mathieu
Benhamou Maurice
Bianu Zéno
Blaine Julien
Bourçon Michel
Bourg Lionel
Bousquet Joë
Broda Martine
Butor Michel
   
 C 
Celan Paul
Chédid Andrée
Cheng François
Clare John
Cohen Albert
Combet Claude-Louis
Conrad Joseph
   
 D 
Degrotte Ludovic
Demangeot Cédric
Depestre René
De Richaud André
Derrida Jacques
Dhainaut Pierre 
Di Manno Yves
Dobzynski Charles 
Dotremont Christian
Du Bouchet André 
Dupin Jacques
   
E 
Echenoz Jean
Emaz Antoine
Eliraz Israël
   
F 
Fabre G. Sylvie
Ferrat Stéphanie
Frémon Jean
   
 G
Gavart Perret Jean-Paul
Germain Sylvie
Giovannoni Jean-Louis
Giroux Roger
Godel Vahé
Goll Yvan
Gorius Alain
Grimaldi Nicolas
Guillevic Eugène
   
Henein georges
Hikmet Nazim
   
I 
Ince Özdemir
   
Jacob Max
Jamme Franck André
Juarroz Roberto
Juliet Charles 
   
K 
Khatibi Abdelkébir

Klépal jean 

   
L 
Laäbi Abdellatif
Lambersy Werner 
Laugier Emmanuel
Laulla Anita J  
Lemaire Gérard-Georges
. Lenz J. M. R  
Libert Béatrice
Louis-Combet Claude
Luca Ghérasim

 

Bo Carpelan

 

 

 

Presse :

Antoine Godbert, le 19 août 2004 Article paru sur le site « Le Litteraire.com » paru chez Greges

C'est une couverture grise comme un ciel de novembre au-dessus de la Baltique. Elle tient du vieux cahier d'écolier ou du missel luthérien. Cache-t-elle la vie ou englobe-t-elle l'essence de l'ineffable ? L'interrogation ne dure qu'une fraction de seconde tant cet écrin sans fioritures est à l'unisson de cette poésie mi-fugue mi-prose que le plus grand écrivain finlandais de langue suédoise, Bo Carpelan, oppose au silence et au désespoir de l'écoulement fatal de la vie...

Une langue de pure simplicité rendue insolemment fluide par la traduction méticuleuse de Pierre Grouix, dont nul n'ignore plus le combat pour faire connaître envers et contre tous la "grande réalité" de l'œuvre poétique de l'auteur d'Axel. L'année, telle une feuille  : un titre fugace comme l'enfance, léger comme l'existence humaine, naturel comme cette Scanie légendaire née des effusions subtiles de la mer et de la forêt. Sans doute trop paisible pour résumer les quelques fulgurances qui, ici ou là, crient la désolation de la condition humaine. Mais parfait pour donner du murmure à cette union de la nostalgie et de la clairvoyance qu'exprime parfois contre son gré la vieillesse qui s'impose.

Car ce recueil en gris et blanc écrit en 1989 est une œuvre de la maturité sensible. Il sait installer une lumière diaphane pour éclairer la douce tristesse qui, petit à petit, devient l'hymne d'un poète septuagénaire, porté par un souffle d'air qui l'éloigne peu à peu de l'enfance innocente, de la famille protectrice et de ces mille et une sensations qui ont forgé sa résistance au trouble de l'existence. Un titre sans fin qui suspend l'envol du temps pour mieux résumer trois parties à peine distinctes qui décrivent ces obscurités à l'intérieur de la lumière que l'on retrouvait déjà dans plusieurs recueils précédents, notamment Dans les pièces obscures, dans les claires ou, plus avant, dans La Source . Mais aussi pour mieux marquer la fragilité de la condition humaine face à l'immensité du vide éternel : Prends le temps sur toi, / mets-le sur ton dos et sens / comme il est lourd .

Le destin humain est d'affronter l'inéluctable, d'enterrer sa famille puis ses propres espoirs, toujours vains. Et, au cours de l'existence, d'accepter ces changements de saisons qui conduisent au tournant de novembre quand la lumière s'est faite plus froide, les mots moins nombreux . C'est alors que s'impose l'irrémédiable constat qui renvoie à la seule enfance innocente les espoirs de fuite, le goût de l'ailleurs et l' errance infinie vers les hauteurs  : dès à présent et où que l'on soit, l'espace et le temps sont déjà unis car Chaque jour, la terre était sans lieu, automnale . Dans un tel contexte, le bilan devient incontestable : Il est grand temps de vieillir . La parole et le guide ne peuvent donc être qu'oxymores : À la lumière, celui qui nous avait permis d'aller jusque-là était presque noir .

Au hasard d'un hommage à Hölderlin, Carpelan nous rappelle cependant qu'il n'est plus seulement l'admirateur convaincu de Trakl ou de Max Jacob comme à ses débuts, même si de temps en temps il peut leur abandonner encore quelques vers taillé au scalpel : Il est grand temps / de choisir à l'intérieur de quelques mots puis, une fois par semaine, de déjeuner avec un tel sérieux et d'être mort . La faiblesse de la vie, l'élégante sérénité de la nature, l'éternité insatiable lui importent également... La feuille appartient au grand tout, à cette nature aux contours spinozistes dont on ne peut nier l'absolu. Mais elle est aussi infinie légèreté. D'une légèreté à couper le souffle ( ici, sous la cage thoracique / après l'année, telle une feuille /dans le bonheur sans recours/ et la douleur ) et à imposer au monde l'espace silencieux, le seul qui peut finalement convaincre le poète de renoncer aux ombres de l'inquiétude , qui le conduise à devenir son propre étranger ...

Il ne fallait rien moins que cette musique aux lenteurs sibéliennes pour nous rappeler qu'il n'y a rien de plus pesant qu'une feuille pour installer une féconde et mortelle intranquillité.

(Le Litteraire.com)

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Publications

 

chez Gallimard

Axel coll du Monde entier1990 acheter


Le Vent des origines coll du Monde entier 1997 - 17,38 euros acheter

Atelier de la Freugaie

La Cour 2000 - 10,93 euros acheter

Dans les pièces obscures, dans les claires 2003 - 10,93 euros acheter

     
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