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Albert Cohen |
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Albert Cohen est né en 1895 à Corfou. Il y vit jusque l'âge de cinq ans après quoi sa famille chassée par un pogrom, émigre à Marseille. Il y passe son enfance, il a pour condisciple Marcel Pagnol. Très jeune, il fait l'expérience de la violence antisémite. Après des études de droit à Genève, il travaille aux Nations Unies.
En 1921, il publie un premier recueil de poèmes 'Paroles juives' . L'année suivante, il publie dans la NRF un texte, "Après minuit à Genève" , qui est remarqué par jacques Rivière. Ce dernier l'encourage a travailler à un roman . ‘Belle du Seigneur' est édité par Gallimard.
Il publie ‘Le Livre de ma mère', en 1954 dont le propos est déjà autobiographique. Les derniers livres parus " Ô vous frères humains" en 1972, et "Carnets" en 1979, constituent d'ultimes témoignages.
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voir aussi :
un regroupement de liens pertinents concernant l'écrivain par Darreau |
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A propos de Salut à la Russie
Les lecteurs de Belle du Seigneur ou du Livre de ma mère ne s'attendent probablement pas à ce Salut à la Russie . Ceux de Solal ou des Mangeclous en revanche y sont mieux préparés quoique jusqu'à la parution de la thèse d'Alain Schaffner en 1993 ( L'Enjeu sacré de la littérature dans l'oeuvre d'Albert Cohen , Paris VII), on connaissait mal le versant politique de la bibliographie du Suisse Albert Cohen (1895-1981), non plus que la liste de ses articles discrets disséminés dans les revues. Après la publication de ses Écrits d'Angleterre édités par Daniel Jacoby (Les Belles Lettres, 2002), il est juste que reparaisse ce Salut à la Russie caché depuis 1942 dans la revue française de Londres La France libre .
Proche du gouvernement de De Gaulle, Albert Cohen répond à un objectif politique en rédigeant cet hommage appuyé aux combattants du front Est. D'ailleurs, Cohen en treillis, on devine que cela ne colle pas. Et pourtant, c'est bien lui qui chausse les lourdes bottes de la propagande. Et c'est bien lui qui appuie, revient à la charge, enfonce le clou à tel point qu'on... exulte. Oui, on exulte car sa prose est un délice des plus raffinés et parfaitement sain : " En tout cas qu'on ne vienne pas me raconter qu'il faut détester le mal mais aimer le méchant. Ce sont bobards à la mormoëlle d'oie et à la graisse de hérisson. "
On voudrait avoir la place de citer tous les beaux moments de ce petit livre énergique dont l'auteur se montre aussi espiègle que fin. Lorsqu'il féminise ce " convulsif vantard " d'Hitler en " virago possédée " , en " actrice moustachue " acclamée par des millions de " frénétiques médiocres " , son discours est efficace car il touche à la nature profonde du régime. De même quand il loue les vertus de la propagande massive et brute des Soviétiques contre le registre sibyllin de Jean Giraudoux, " Le Commissaire français à la propagande elliptique et allusive " qui le conduit à la neurasthénie, c'est en professionnel du discours qu'il s'exprime. Lui, Cohen, bout et s'exclame, enthousiaste à la pensée du peuple russe luttant face aux panzers, avec " des vieilles édentées mani (a) nt de leurs doigts noueux de rhumatismes des pistolets automatiques. " Certes, il n'a pas constaté de visu mais en adoptant des accents prophétiques, il ridiculise le tyran ce " monstre aux quatre-vingts millions d'yeux qui sont des grenades ", puis il narre à la grotesque la débâcle des légions vert-de-gris : " Sur les routes de cette languissante retraite on entend le tumulte, les faux-bourdons, les cavernes, les quintes, les ronflements, les carillons des plus variées pneumonies, coqueluches, rhinites et pharyngites. Et des millions de mouchoirs gammés flottent dans le ciel (...) . En vérité ils sont moins nietzschéens en ce moment, ces petits souffreteux pas rasés et un peu bossus. Ils ont même un air juif et la triste majesté des souffrants et des faibles . "
" Tanks dans l'oeil de ta soeur . " Au beau milieu de sa mission, l'homme Cohen baisse cependant les bras car il ne peut pas haïr l'Allemand. Il préférerait triller avec les piafs, flâner sous les nuages, ne plus se préoccuper de la folie des hommes. " Or nous sommes dans le temps de la haine et il faut haïr . " En songeant aux écrivains russes qui ont délaissé l'art pour les messages sommaires de l'héroïsme vital, il admet qu'il faut un grand sens " du sacrifice pour accepter d'écrire sur commande des médiocrités enflammées. " Peut-être pense-t-il à lui ici qui se plie à la rhétorique de l'héroïsme par simple pragmatisme ? Sans doute mais il y met tant d'humanité que son Salut à la Russie est un texte remarquable, digne d'une belle conscience.
Eric Dussert Le Libraire |
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Salut à la Russie , pref Daniel Jacoby , eds Preau Des Collines 2003 11,40 euros
Albert Cohen , Bernard Pivot , entretien, DVD grands entretiens de Bernard Pivot 2005 euros
note de l'éditeur : L'entretien de Bernard Pivot avec Albert Cohen a été tourné par Nicolas Ribowski, chez Albert Cohen, en Suisse, en 1977. C'est cet entretien, diffusé à 21 h 30 sur Antenne 2, qui l'a fait découvrir au grand public.
Au cours de cet entretien, Albert Cohen évoque sa jeunesse à Marseille, les rapports qu'il a eus avec sa mère, sa découverte de l'antisémitisme, l'importance des femmes dans son œuvre, son amitié pour Pagnol. Il analyse les personnages de ses livres. Il cite de mémoire des poèmes inédits écrits par Pagnol à 14 ans. Il lit un extrait de Belle du Seigneur .
La spécificité de ce grand entretien est qu'il est complété par quelques témoignages : Gérard Valbert, Félicien Marceau, Charles Gombault - ancien directeur de France Soir - et François Mitterrand. On sort du film sous le charme de ce vieux poète, romancier et dramaturge.
«Quel lecteur de Belle du Seigneur n'est pas tombé amoureux de la divine Ariane ?» se demande aujourd'hui encore Bernard Pivot.
Belle du seigneur, Gallimard, coll Folio1998 9,50 euros , sous coffret 10,17 euros , coll Blanche 22,52 euros , eds de la Pléiade T2 1990 direction Christel Peyrefitte, Bella Cohen 42,37 euros
note de l'éditeur : " Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante exceptionnelle femme aimée parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient ".
Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.
Le livre de ma mère, coll Folio 1995 2,85 euros , Quatre CD audio lus par Gérard Desarthe Gallimard 2004 20,90 euros
Oeuvres - Paroles juives, Solal, Mangeclous, Le livre de ma mère,
eds de la Pléiade T1 sous la direction de Christel Peyrefitte et Bella Cohen 1993 56,49 euros
Mort de Charlot suivi de Projections eds Belles Lettres 2003 9,50 euros
Ecrits d'Angleterre , eds des Belles Lettres 2002 9,50 euros avec la FNAC
Solal, étude du texte poche gallimard 1998 6,46 euros
Les Valeureux, coll Folio 1986 5,89 euros , coll Blanche Gallimard 1998 20,28 euros
O vous, frères humains, Gallimard coll Blanche 1997 13,76 euros , coll Folio 4,47 euros
Carnets 1978 Gallimard 1992 4,47 euros
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Sur Albert Cohen |
Albert Cohen à Marseille, Ghetto intime, texte de Joëlle Gardes , photographies de Christian Ramade, traduction de Christopher Carster Collection « Textes avec vues » Format 13 x 17 cm, 96 pages, 33 photographies en couleurs Couverture cartonnée, signet, tranche fil
Français/Anglais; eds Images en manoeuvre 2003 25 euros
« Pour Albert Cohen, il existe deux Marseille. A la ville de son « ghetto intime », l'appartement de la rue des Minimes, tendre et protecteur, s'oppose celle de l'errance, quand l'insulte d'un camelot l'arrache brutalement à l'enfance. De ce déchirement, naîtra l'écriture. »
Joëlle Gardes |
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