Marc Desgrandchamps

En été 2004, trois institutions s'associent pour réaliser des expositions distinctes et complémentaires du peintre Marc Desgrandchamps : le musée de l'Abbaye Sainte-Croix des Sables d'Olonne, la Chapelle Saint-Jacques de Saint-Gaudens et le Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg.

Né en 1960, Marc Desgrandchamps suit les cours de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris pour signer sa première exposition personnelle en 1988 (après une collective, remarquée, au Mnam, en compagnie de Vincent Corpet et Pierre Moignard). Il réside à Lyon où il a son atelier.

À y bien regarder ses œuvres ne sont pas des nus, des paysages, des natures mortes, voire des abstractions savantes à base de réel. Sans recourir à la précision du photographe, elles reprennent de vastes plans de paysages, sans ordre apparent, comme les découpes d'un diorama. On traverse ainsi la perspective, comme par effraction. Desgrandchamps ne peint pas sur le vif, mais le paysage est omniprésent, dominateur : forêts, prairies, campagnes et plus récemment des plages. Dès lors, les grandes figures associées à ce fond, sans souci d'échelle, s'y diluent, flottent, fantomatiques. Il cultive ces hybridations, mais sans souci symbolique ou allégorique précis. On déplace le regard dans un environnement familier, en oubliant la dangerosité et les inquiétudes d'un monde au bord de la disparition. Une vision somme toute métaphysique où sous les apparences réalistes de banalité, la mémoire collective et individuelle sont profondément imbriquées.

À Strasbourg, le Project Room du musée, lieu d'expérimentation, accueillait cinq grands triptyques récents qui étaient rassemblés pour la première fois tout en formant un ensemble dont on découvrait la cohérence. La mise en scène d'événements banals, sans signification particulière, y était vue avec une double sensation d'unité et de dislocation.


Aux Sables d'Olonne du 19 juin au 19 septembre 2004, l'exposition prenait la forme d'une rétrospective en trompe l'œil, avec des œuvres anciennes, dans une veine plus " expressionniste ", mais surtout avec une sélection significative de travaux des dernières années. Des peintures de tous formats, visions de corps comme d'objets. La salle sous combles accueillait le travail graphique, des lavis de grand format réalisés spécialement pour l'événement.

À Saint-Gaudens du 25 juin au 17 octobre 2004, dans la Chapelle Saint-Jacques, Marc Desgrandchamps proposait dix grandes huiles dans lesquelles la figure humaine tient un rôle majeur. Promeneurs, baigneurs, coureurs à pieds, une sélection de corps morcelés, des êtres de chair, reconnaissables, vont se fondre dans le néant.

À Lyon, du 18 novembre au 19 décembre 2004, au musée d'art contemporain, l'artiste réalisait une sélection particulière d'œuvres récapitulant les grandes étapes de son travail.

À l'occasion de cette exposition, un ouvrage monographique (160 pages) est édité par Flammarion (auteurs : Isabelle Bertolotti, Valérie Charrier, Benoît Decron, Marc Desgrandchamps, Fabrice Hergott, Thierry Raspail, Pierre Sterckx et Erik Verhagen).

Du 12 juin au 8 août Marc Desgrandchamps était également présent dans l'exposition " Etrangement proche/Seltsam Vertraut " qui associera des artistes allemands et français au Saarland Museum à Sarrebruck.

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