visage couvert de lignes
il fait nuit dans la langue
sous la chemise de papier
un vers cassé réclame un reste d'encre
les mots ont bu tout leur passé
puis répandu l'amertume de l'âge
la main carde le cru du temps
mais ne sait pas trier la mort
ni jeter le dedans dehors
un rêve est là qui me songe
il pose un suaire d'images
sur le corps inférieur
sous le manque seul absolu
l'unique est un désir latent
toute apparition tremble dans sa perte
la divine évidence du rien
dévoile brutalement le trou
soudain creusé en pleine face
une ombre y plane vieille nuit
où s'égalise la mémoire
et c'est une matière lourde
(extrait)