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copyrigth Moïse Finalé |
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Chez Zoé Valdès la poésie et la liberté passent par l'onirisme et l'amour des mots.
"Santa avait pu atteindre mon tronc avec beaucoup de peine; elle s'y était adossée en soufflant, la gorge sèche. Elle fit alors le geste naturel de s'accroupir au dessus de la terre, j'écartais mes racines pour ouvrir un berceau moelleux avec le meilleur et le plus doux de mes entrailles. La petite fille naquit d'une longue poussée continue. Son crâne heurta la pierraille rouge, il ne lui arriva rien de grave sinon une bosse pointue. Elle avait la tête plus dure que le bois-de-fer. Elle se mit aussitôt à téter ma sève, aaah, sa petite bouche qui suçait mon écorce. Avec le placenta, je me fis un collier car je suis une ceiba d'une grande coquetterie. Santa, soulagée, sourit, l'attrapa par un pied et l'attira vers son sein. Mais, sans fausse modestie, c'est moi qui ai allaité le bébé en premier.
- Je vais te nommer Terre, oui, ma belle enfant, tu t'appelleras Terre Fortune Monde, en reconnaissance pour cet arbre royal, la ceiba que je vais prier d'être ta marraine."
Zoé Valdés Cher premier amour
éd. Actes Sud 2000
voir aussi : le dossier Zoé Valdès |