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Zoran Music est né en 1908 en Dalmatie. Il vit entre Venise et Paris.
Il traverse la première guerre mondiale, voyage en Europe, y découvre Klimt, Schiele, et les impressionnistes français. De retour, il fait tout naturellement des études d'Art à l'Académie des Beaux - Arts de Zagreb. Il peint les marchés colorés et les paysages de son enfance. En 1935, il voyage à Madrid, copie Goya et El Gréco au Prado, rencontre Caldorin, avec qui il se lit d'amitié. Au début de la guerre civile en Espagne, il retourne chez lui, puis repart à Venise en 1943, pour exposer à Trieste.
L'année suivante, il est arrêté et déporté à Dachau, comme prisonnier politique, accusé de complicité avec des activistes anti-allemands. Il en ressort en 1945-46 à la Libération, mort-vivant. Il continue de peindre, transformé par cette expérience.
En déportation, il se procure en cachette, du matériel pour dessiner. Des vieux papiers, des mines, de l'encre :
« Dans les dernières semaines du camp, le danger d'être découvert a un peu diminué. Je parviens à dénicher de l'encre. Je dessine comme en transe, m'accrochant à mes bouts de papiers. J'étais comme aveuglé par la grandeur hallucinante de ces champs de cadavres. La vie , la mort, pour moi, tout était suspendu à ces bouts de papier. »
Il réalise une centaine de dessins décrivant ce qu'il voit : les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés par dizaines, c'est-à-dire l'indescriptible.
En 1972, questionné par Vanessa Delouya, il lui explique comment il revient à la thématique des chantiers des camps avec une série intitulée: « Nous ne sommes pas les derniers. »
"Dans les camps de Dachau, entre nous, nous formulions une conviction : « Jamais plus une chose pareille ne se répétera. » Vingt cinq ans plus tard, aujourd'hui même, l'histoire et l'actualité démentent notre souhait. D'où le titre de cette série."
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