A 
Alechinsky Pierre
Alloy Marie
Azouzi Mohamed
 B
Badaire Gilles
Bar Alain
Belkahia Farid
Benrath Frédéric
Bernardis Marc de
Besse Geneviève
Boisrond François
Bokor Miklos
Brown James
 C 
Chillida Eduardo
Christinat Olivier
Claude Fabien
Clot Frédéric
Crotti Jean
Cutolo Anne-Marie
 D 
Deblé Colette
Debré Olivier
Dickinson Nigel
Erbelding Patricia
 F 
Ferrat Stéphanie
Frank Daniel
Frascotti Mauro
Fretz Philippe
Fretz Stéphane
 G 
Garcin Gilbert
Gendre-Bergère Christine
Groborne Robert
 H
Haas Michel
Héraud J.P.
Humair Daniel
Ireland Robert
K 
Kacimi Mohammed
Katz Michèle
Keiichi Tahara
Kenna Michael
Kiefer Anselm
Klee Paul
L 
Latil Martine
Latreille Francis
Leick Joël
Le Gac Jean
Le Saec Thierry
M 
Maoual Bouchaïb
Marchetti Jean-Michel
Moa François
Moriani Milena
N 
Nadaud Daniel
Nachtwey James
 P 
Pastor Gilbert
Pellet Christian
PenoneGiuseppe
Pincemin Jean-Pierre
Plensa Jaume.
Q
Rampa Michaël
Renna Claude
Rosa Leonardo
 S 
Sala-Vidal Véronique
Sefolosha Christine
Segui Antoni
Slacik Anne
Soulié Tony
Tapiès Antoni
Texier Richard
Tilman Pierre
Tourneboeuf Patrick
Trivier Marc
V 
Venet Bernar
Voss Jan
Y
Yamou Abderrahim
Zaech Stephane
 

 

Giuseppe Penone

Peau de feuilles [Pelle di foglie], 2000
330 x 180 x 130 cm; module de Respirer l'ombre: 78 x 117 x 7 cm

copyright Centre Georges Pompidou

Giuseppe Penone est en 1947 à Garessio dans le Piémont (en Italie), « Figure majeure de la scène italienne des années 1970, il est un expéri-mentateur infatigable qui expose la surface des éléments et s’attaque à la peau des choses.

L’arbre voit mis à nu le mystère de sa croissance, tandis que toutes sortes de traces ou d’empreintes résultent des interventions de l’artiste sur les matériaux qu’il investit.


“Toucher, comprendre une forme, un objet, c’est comme si on le couvrait d’empreintes”, écrit-il. Au coeur de sa démarche réside cet impact du toucher ou du regard (l’oeil, la main, le doigt sont des thèmes récurrents), ou encore les effets du souffle venu des poumons, qui engendrera une forme inédite. L’homme fait corps avec la nature comme dans le mythe de Daphné, où la nymphe se voit changée en laurier. Penone associe les éléments puisés dans la nature aux fragments de corps humains dans une synthèse inédite et vibrante. Une paupière démesurément agrandie ou une empreinte de phalange deviennent prétextes à des formules graphiques envahissant l’espace. Un ongle est restitué en des proportions gigantesques, ou son empreinte répétée à la dimension du mur. Le marbre, comme le tronc de l’arbre, révèle son anatomie de veines sinueuses tandis qu’ailleurs le cerveau dévoile un paysage. Chacune des propositions plastiques conserve son mystère, l’artiste en étant le révélateur » écrit Alfred Pacquement.

Les éditions de l’Ensba ont publié ses écrits, Respirer l’ombre (2000 et 2004) et Parchemin (2004). Il a exposé en 2004 au Drawing Center à New York, au Centre Pompidou à Paris et à la Fondation La Caixa à Barcelone en octobre.

« Créer est donner forme à l’informe. Détruire est rendre la forme poussière. Quelle meilleure matière pour créer que la terre qu’on retrouve n’importe où ? Elle est la matière la plus commune et en même temps la plus riche de poussières, la plus riche de mémoires de formes. Elle est mélange de la poussière du passé. Elle est l’ensemble de la poussière des trois règnes. Elle est la matière qui ne se salit pas. Elle est le monde fluide de l’imagination. Elle est la matière qui crée et recrée la vie sous des formes différentes. Elle est le laboratoire de la métamorphose. Elle est le matériel qui rappelle les pas, les gestes des mains qui miment les choses touchées.»

lvoir aussi :

Giuseppe Penone dans notre dossier sur l'arbre

le dossier du Centre Georges Pompidou

post/avant

Le travail de Giuseppe Penone participe du mouvement de l'arte povera. Depuis les années 70, autour de la thématique de l'arbre avec des moyens et des matériaux variés, il construit une oeuvre, rendant visible son processus de création, explorant notre rapport à l'espace naturel, au mouvement, à la vie.

Dans la rétrospective du Centre Georges Pompidou en 2004 , étainet présentées ses œuvres des années 70 jusqu'à nos jours. Répéter la forêt : des troncs ou poutres, tous travaillés pour dire le commencement et la fin , le passage du temps. Respirer l'ombre : les murs d'une grande salle sont couverts de boites en grillage contenant des feuilles de laurier, au fond de la salle, un bronze doré représente des poumons formés de feuilles de laurier. Ses dernières réalisations sont réalisées à partir d'épines d'acacia. Peau de marbre associe marbre et épines collées sur toile. Photographies, moulages, empreintes et dessins renvoient régulièrement à la peau, enveloppe tactile. Les Souffles et La Salle blanche constituent deux autres volets de l'exposition. Y sont présentés des marbres taillés avec lesquels Penone introduit la confusion entre minéral, végétal et corps humain.

Giuseppe Penone traite du règne végétal par analogie au règne animal. l'arbre se souvient. L'artiste inscrit son propre corps dans le développement de la végétation Peau de feuilles. Il établit le dialogue entre nature humaine et nature végétale. Notre temporalité est distincte de celle de l'arbre, l'arbre qui prête chez lui, à l'oeuvre, dans un processus de transformation, toute sa magie, sa poésie.

L'espace sans limite est effrayant. Giuseppe Penone nous convie à voir et à toucher.

Publications


Giuseppe Penone, Catherine Grenier , éds du Centre Pompidou,  broché,  beau livre  2004

Respirer l'ombre , Giuseppe Penone , éds Ecole Nat.sup.des Beaux-Arts, broché ; anthologie  2004 -

Etre crâne . Lieu, contact, pensée, sculpture , Georges Didi-Huberman,Les Editions de Minuit, 2000.

 

"J'imprime ma main sur l'argile. Je détache mon bras de l'arbre auquel il adhère. Je sens la poussée de l'eau qui jaillit contre le bout de mes doigts. Je me souviens de la mémoire de la boue, de la lente ascension des vapeurs de la terre, de l'écoulement de l'eau dans le sous-sol, de la poussée verticale de la matière, conscience du vide où on entend résonner la masse de chair humaine qui coule, se déplace et devient volume imprécis, vapeur, pour le promeneur qui traverse, dans le temps, l'histoire de la stratification par sédimentation."

Giuseppe Penone, 1987

     

 

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