A

 
Abraham Jean-Pierre
Ancet Jacques
Auster   Paul 
   
B 
 
Beausoleil  Claude 
Bekri Tahar
Benhamou Maurice
Bianu Zéno
Bourçon Michel
Bourg Lionel
Bousquet Joë
Broda Martine
Butor Michel
   
 C   
Celan Paul
Chédid Andrée
Cheng François
Cohen Albert
Combet Claude-Louis
Conrad Joseph
   
 D   
Daumal René
Degrotte Ludovic
Demangeot Cédric
Depestre René
De Richaud André
Derrida Jacques
Dhainaut Pierre 
Di Manno Yves
Dobzynski Charles 
Dotremont Christian
Du Bouchet André 
Dupin Jacques
   
E 
 
Echenoz Jean
Emaz Antoine
Eliraz Israël
   
F 
 
Fabre G. Sylvie
Frémon Jean
   
 G  
Gavart Perret Jean-Paul
Germain Sylvie
Giovannoni Jean-Louis
Giroux Roger
Godel Vahé
Goll Yvan
Gorius Alain
Grimaldi Nicolas
Guillevic Eugène
   
 
Henein georges
Hikmet Nazim
   
I 
 
Ince Özdemir
   
 
Jacob Max
Jamme Franck André
Juarroz Roberto
Juliet Charles 
   
K 
 
Khatibi Abdelkébir
   
L 
 
Laäbi Abdellatif
Lambersy Werner 
Laugier Emmanuel
Laulla Anita J  
Lemaire Gérard-Georges
Louis-Combet Claude
Luca Ghérasim
 

 

Ghérasim Luca

Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913 dans un milieu juif libéral. Il fut dès ses jeunes années en contact avec plusieurs langues, en particulier le français, langue de la culture littéraire – culture contestée on le sait par un autre roumain Tristan Tzara, de près de vingt ans son aîné. La culture germanique, viennoise et berlinoise, est très présente à Bucarest au début des années trente, qui sont ses années de formation. Luca lit très tôt les philosophes allemands et connaît les débats qui nourrissent la réflexion sur la psychanalyse ; son ami Dolfi Trost, de formation psychanalytique, encourage cette découverte. Il collabore à différentes revues "frénétiques" d'orientation surréaliste Alge , Unu , etc. À la fin des années trente, il concentre son intérêt sur la production du surréalisme parisien, auquel ses amis Jacques Hérold et Victor Brauner sont liés. Il correspond avec André Breton, mais, visitant Paris, il renonce à le rencontrer. La guerre l'y surprend, il parvient à regagner la Roumanie et à y survivre.

C'est dans la brève période de liberté avant le socialisme que Luca renaît à la littérature et au dessin, suscitant un groupe surréaliste avec quelques amis. Il dispose d'une imprimerie et d'un lieu d'exposition, multiplie les libelles, collectionne les objets d'art et adopte la langue française dans son désir de rompre avec la langue maternelle. En 52 il quitte la Roumanie et s'installe à Paris.

Ses poèmes, dessins ou collages ("cubomanies") sont publiés par la revue Phases . Il élabore des livres-objets auxquels contribuent Jacques Hérold, Max Ernst, Piotr Kowalski. Le Soleil Noir au cours des années 70 relance ce goût pour l'objet quasi magique qu'il cherche alors à réaliser, accompagné d'un disque du texte lu par sa propre voix.

Au travail sur la langue, roumaine ou française, avec ses effets de bégaiement décrits par Gilles Deleuze, il faut ajouter la mise en scène de ses écrits et le travail de tout le corps que représentait pour lui la lecture publique de ses écrits, lors de festivals de poésie, dont certains sont restés célèbres, dans les années 1960, à Amsterdam ou à New York.

Dans sa solitude et sa recherche d'une pierre philosophale, d'une "clé", Luca troublé par la montée des courants raciste et antisémite s'est suicidé en janvier 1994.

Dictionnaire des lettres françaises , Le XX e siècle, La Pochotèque, Librairie Générale Française, 1998.

voir aussi :

les éditions José Corti

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Bibliographie sélective

éditions Unes

Tirage de tête, tirage courant

Prendre corps

1999. photographie de J.M. de Samie 

voir l'ouvrage

(diffusion Art Point France)
 
 
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